Retour à l'accueilRetour à l'accueil

Les 10 grands partis politiques

L’adhésion aux partis politiques en France demeure en retrait par rapport à de nombreux autres pays. En effet, en France, les formations politiques se sont structurées plus tardivement que dans d’autres pays européens. Dans la culture politique nationale, les partis ont surtout été des organisations souples destinées à faire élire des représentants. Ce n’est qu’au XXème siècle que les partis de gauche ont commencé à se structurer plus fortement, lorsque la droite a rejoint ce mouvement de structuration après la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a donc pas eu, en France, d’établissement de liens forts entre les partis et la société civile.

Cette situation explique que le nombre des adhérents a pratiquement toujours été faible, sauf à de rares périodes d’effervescence collective comme à la Libération, où ils devaient approcher un million et demi. Mais au début de la Vème République, il n’y a probablement pas plus de 450 000 adhérents dans les partis français. Ce chiffre a augmenté à nouveau jusqu’au début des années 1980 (où il devait friser les 900 000) pour redescendre ensuite. On semble être à peu près revenu au niveau du début de la Vème république, ce qui représente environ 1% de la population adulte. De plus, les initiatives récentes d’incitation à l’adhésion (adhésion simplifiée par internet, adhésion à tarif réduit) n’ont pas vraiment apporté les résultats espérés.    Même si les taux d’adhérents baissent dans la plupart des pays européens, ils restent nettement plus importants qu’en France.

Source  : Les partis politiques français, sous la direction de Pierre Bréchon, Les Etudes de la documentation française, Ed. La documentation française, Paris, 2005

Le financement des partis est lui soumis à des règles très strictes. Les partis politiques ont évidemment besoin d’argent pour fonctionner, il faut, par exemple, payer les affiches, les brochures électorales, louer des salles pour les réunions publiques, verser des salaires aux permanents. Cela représente des sommes importantes. Les recettes viennent des cotisations des adhérents, des dons des particuliers, et dans certaines conditions, d’entreprises.

Mesures anti-corruption

Les recettes légales se sont souvent avérées insuffisantes et, par le passé, la plupart des grands partis ont eu recours à des moyens illégaux pour se financer. Dans les années 1980, plusieurs affaires de corruption ont défrayé la chronique, éclaboussant des partis à droite comme à gauche. Jusqu’en 1988, il n’existait aucune règle précise en la matière. Ce flou juridique a permis aux partis de se constituer de véritables « caisses noires », alimentées via des circuits plus ou moins occultes.

Fonds publics

Une série de lois votées par le Parlement en 1988, 1990, et 1993, puis en janvier 1995 visent à assurer une plus grande transparence financière de la vie politique en imposant des règles strictes. Ainsi, les dons de personne privées sont limités à 7 500 € par an et par personne, et les dons des entreprises sont interdits depuis 1995. Mais la grande nouveauté réside dans le financement public des partis. Le législateur a ainsi prévu d’accorder des fonds publics aux différents partis en fonction de leurs résultats électoraux aux élections législatives.

Le contrôle des dépenses électorales

Les lois votées entre 1998 et 1996 à la suite de diverses affaires politico-financières réglementent le financement des campagnes électorales. Pour les élections des députés, le plafonnement des dépenses est à 41 040 €, majorés de 0,15% par habitant de la circonscription ; pour la présidentielle, le plafond est de 14 796 €. Les recettes du compte de campagne sont par ailleurs limitées, les dons des personnes physiques ne pouvant dépasser 4 574 € pour les deux scrutins. L’Etat rembourse les frais de campagne des candidats qui obtiennent aux législatives moins de 5% des voix au 1er tour : ils perçoivent un remboursement égal à la moitié des dépenses (20 520 €).

L’Etat français a donné, en 2005, 32,1 millions d’euros à l’UMP ; 20 millions au PS (avec le PRG) ; 4,6 millions d’euros à l’UDF 4,6 millions comme au FN ; 3,8 au PCF ; 2,2 millions aux Verts ; 0,6 au CPNT ; 0,6 au MPF ; 0,5 au MRC ; 0,5 à la LCR ; 0,5 à LO ; et 3,2 aux autres.

Ailleurs en Europe

Divers scandales liés au financement des partis politiques dans plusieurs Etats de l’Union européenne ont incité les instances de l’Europe à se pencher sur la question. En 2001, le Conseil de l’Europe et la Commission européenne ont recommandé « des règles communes contre la corruption dans le financement des partis politiques et des campagnes électorales ». Les partis politiques devraient être aidés par l’Etat pour empêcher la dépendance à l’égard de donateurs privés, mais aussi pour garantir l’égalité des chances entre eux. Le Conseil de l’Europe propose un strict contrôle des contributions privées : interdiction des donations émanant d’entreprises publics, fixation d’une limite en ce qui concerne les dons de personne privées, etc… Certains pays ont adopté des règles en matière de financement des partis. En Allemagne, la Cour constitutionnelle admet la nécessité d’une aide publique pour le fonctionnement des partis. En Autriche, l’Etat verse une somme annuelle aux partis représentés au Parlement, et en Espagne, la loi a prévu une subvention publique au financement des dépenses électorales.

Les dix principales forces politiques françaises

Se situant à gauche du PCF (Parti Communiste Français), LO (Lutte Ouvrière) et le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), fondé en 2008 sur les bases de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) appartiennent à la mouvance trotskiste. La IVème Internationale, fondée par Trotski en 1938 en opposition à Staline, et à laquelle se rattachent ces deux partis, conteste au PCF le monopole qu’il s’arroge des idées révolutionnaires. Contrairement à des partis dits « staliniens » (caractérisés par l’installation, après une révolution, d’une bureaucratie stable), les Trotskistes défendent l’idée d’une révolution mondiale et permanente, et celle d’une dictature du prolétariat. C’est cette croyance forte et constante en la révolution qui les caractérise le plus. Opposées à la propriété privée des moyens de production (tels que les usines), les forces de l’extrême gauche s’opposent au modèle de mondialisation libérale. LCR noua d’ailleurs des liens avec d’autres mouvement altermondialistes. Bien qu’ayant pris ses racines aux temps de l’ex-URSS dans les années vingt, en opposition à Staline, ces partis ont encore un poids électoral et politique important. Aux dernières législatives de 2002, ces deux partis sont remontés à 2,8%, alors que 10 ans plus tôt, ils étaient tombés à 0,4%. Au premier tour de la présidentielle de 2002, ils ont obtenu 10,5%, et aux Européennes 3,3%. LO compte 7 477 adhérents, et LCR 3 000. Comme le montrent ces résultats, LO et le NPA (ex-LCR) ont un véritable poids politique, et ils ont grandement contribué à la victoire du « Non » au référendum sur la Constitution Européenne. A l’élection présidentielle de 2007, Arlette Laguiller (LO) et Olivier Besancenot (LCR) ont respectivement obtenus 1.3 et 4% des suffrages exprimés.

En terme de représentation, l’extrême gauche ne compte qu’un conseiller régional et un conseiller général.
Les grandes figures du NPA et de LO sont depuis quelques années déjà Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Parti Communiste Français (PCF)

En 1919, deux ans après la Révolution russe, Lénine fonde la IIIème Internationale pour se démarquer de l’Internationale ouvrière (créée en 1889), accusé d’avoir entraîné les travailleurs dans la première Guerre mondiale. Héritière du courant né avec la publication du Manifeste du Parti communiste (1848), la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) se divise alors sur la question de l’adhésion à la IIIème Internationale. La majorité des militants socialistes décident d’y adhérer et fondent, en 1920 au Congrès de Tours, la Section française de l’Internationale communiste (SFIC), qui deviendra le PCF en 1921.

En 1945, il est électoralement le plus grand parti de France (26% des voix) et fait partie pour la première fois d’un gouvernement jusqu’en 1947. En 1981, il participe à deux autres gouvernements, à l’occasion du Programme Commun puis de la « Gauche plurielle ». Bien que présent dans ces trois gouvernements, les résultats électoraux du PCF ne sont pour l’instant allés qu’en décroissant, passant de 15,3% aux élections présidentielles de 1981 à 3,4% à celles de 2002, de 20,6% aux législatives de 1978 à 4,8% en 2002, et enfin de 20,5% aux élections européennes de 1979 à 5,2% en 2004. Devant l’érosion de son électorat, le PCF a tenté d’engager des réformes. Le PCF avait déjà renoncé à l’internationalisme dans les années 30, puis à la thèse révolutionnaire du renversement de l’ordre bourgeois au pouvoir, deux de ses idées fondatrices. Mais en 1994, sous l’impulsion de Robert Hue, le PCF procède à un examen critique du modèle soviétique. Soucieux d’égalité sociale et d’un meilleur partage des revenus, entre le capital et le travail, les communistes sont hostiles au libéralisme économique et à la mondialisation. C’est à ce titre que le PCF a appelé à voter « non » au référendum sur la Constitution européenne en mai 2005. Marie-George Buffet, candidate du parti en 2007 obtint un peu plus d’1% des suffrages exprimés.

Le PCF compte aujourd’hui 138 000 adhérents, 16 députés, 22 sénateurs, 2 présidents de conseil général, 183 conseillers généraux, 105 conseillers généraux, 30 maires de grande ville, et 2 députés européens. Son secrétaire général est Marie-George Buffet, qui a succédé à Robert Hue (1994-2002), et à d’autres personnalités célèbres du PCF telles que Georges Marchais ou Philippe Thorez.

Parti Radical de Gauche (PRG)

Héritiers des révolutionnaires de 1792 et de 1848, les radicaux contribuent à installer les institutions de la IIIème République. Ils jouent un rôle clef dans les années 1930, où ils se divisent en tendances de gauche et de droite. En 1973, la minorité de gauche constitue le Mouvement des Radicaux de Gauche (MRG) et s’allie au PS. Après une période d’expansion en 1993, le MRG, devenu en 1997 le Parti Radical de Gauche (PRG), a aujourd’hui une audience plus modeste. Il comporte 8 000 adhérents, a 9 députés, 10 sénateurs, 2 présidents de conseil général, 65 conseillers régionaux, 116 conseillers généraux, et 50 maires de grande ville.

Le PRG est issu du radicalisme qui a incarné dès la seconde moitié du XIXème siècle, la lutte pour les libertés individuelles et le suffrage universel. Promoteurs de l’école publique et défenseurs de la laïcité, ses militants considèrent que l’émancipation de l’Homme passe par l’éducation. Proche du PS, le PRG fait de l’égalité des chances et de la solidarité, une priorité. Aspirant à une société plus juste, il défend un humanisme où l’individu est la pierre angulaire de la construction sociale.

Les Verts

Issus du courant écologiste qui s’est développé en France, les Verts se sont constitués en parti en 1984. Jusque là, le mouvement écologiste français, solidement ancré dans le milieu associatif, se défiait de toute appartenance partisane. La première apparition significative des écologistes sur la scène politique française fut celle de l’agronome René Dumont, candidat à l’élection présidentielle de 1974. Bénéficiant à la fois d’une prise de conscience croissante des risques écologiques et de la crise de confiance qui frappe les partis, les Verts s’affirment progressivement au sein du débat politique français. Aux élections européennes de 1989, ils obtiennent pour la première fois plus de 10% des suffrages et font leur entrée au Parlement européen. En 1995, les Verts, ancrés à gauche, deviennent le principal parti écologiste malgré les différences qui les affectent. En 1997, ils participent au gouvernement de la « gauche plurielle » dirigé par Lionel Jospin. Lors de l’élection présidentielle de 2002, leur candidat, Noël Mamère, obtient 5,2%. Leurs résultats électoraux ont globalement progressé de manière positive depuis la création du parti, et surtout lors des élections présidentielles de 2002. Mais l’on remarque une baisse, d’environ deux points, aux dernières élections européennes et législatives.

Après près de vingt ans d’existence en tant que parti, les Verts ont un défi à relever : s’affirmer comme un parti politique à part entière, stable et organisé, légitime sur des questions environnementales et sur d’autres aussi. Ils proposent un projet de société fondé sur un développement économique respectueux des équilibres écologiques et sur l’approfondissement de la démocratie et de la justice sociale. Axé sur la défense de l’environnement, leur programme préconise de limiter l’usage des voitures, et autres camions au profit de mode de transports moins polluants. Fervents défenseurs des énergies renouvelables, les Verts condamnent aussi le nucléaire. Dans d’autres domaines, ils essaient de promouvoir un développement économique plus juste pour les pays en voie de développement. Ils prônent la régularisation massive des étrangers, sans papiers, après avoir défendu, de longue date, le vote des étrangers aux élections municipales. Ils sont par ailleurs favorables à une forte diminution du temps de travail.

Les Verts comptent environ 8 000 adhérents, 4 députés, 5 sénateurs, 168 conseillers régionaux, 14 conseillers généraux, 4 maires de grande ville, 14 députés européens.

Cécile Duflot est la Secrétaire nationale des Verts depuis 2006

Parti Socialiste (PS)

En 1936, le Front Populaire, mené par la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), remporte les élections législatives. Le socialiste Léon Blum (1872-1950) dirige la France. Héritier direct de cette SFIO, le PS a vu le jour en 1969. Deux ans plus tard, au congrès d’Epinay, et sous l’impulsion de François Mitterrand (1916-1996), la formation se réorganise sur la base d’un « programme commun » avec les communistes.

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la république. Il est réélu en 1988, après deux ans de cohabitation. Les élections législatives de 1997 portent de nouveau les socialistes et leurs alliés de la gauche « plurielle » au pouvoir. Lionel Jospin devient Premier Ministre (seconde cohabitation). Mais en avril 2002, il est écarté du second tour de l’élection présidentielle et décide de se retirer de la vie politique. Si, en 2004, le PS a regagné du terrain dans l’électorat lors des élections régionales et européennes, il s’est profondément divisé entre partisans du « oui » et du « non » lors du référendum sur la Constitution européenne, le 29 mai 2005.

La théorie socialiste entend gommer les inégalités sociales générées par la société capitaliste. Elle préconise une transformation de la société pour tendre vers une répartition plus égalitaire des richesses. Les socialistes sont partisans d’une « économie mixte » dans laquelle interviennent les entreprises privées, mais aussi l’Etat qui doit conserver un rôle important d’arbitre et d’acteur économique.

Avec le temps, les socialistes ont adopté une politique plus sensible aux réalités économiques et sociales. Ils restent attachés à la notion de service publique, mais aussi à des valeurs fortes comme l’école laïque, la réduction du temps de travail ou encore la construction de l’Union Européenne.

Le Parti Socialiste (PS) compte un peu plus de 200 000 adhérents. Quelques 84 239 militants ont adhéré au parti de gauche en deux mois, à l’aube de l’été 2006, dont 20 000 les trois derniers jours de mai d'après les chiffres du PS. Le parti comporte 186, 102 sénateurs, 14 députés européens, 20 présidents de région, 51 présidents de conseil général députés  Sa première secrétaire est Martine Aubry depuis 2008.

Mouvement Démocrate (MODEM)

Héritier indirect de l’Union pour la démocratie française (UDF) créé en 1978 par Jean Lecanuet à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, l’UDF rassemblait alors différents mouvements du centre-droit non gaulliste : le Parti Républicain (PR), le Centre des Démocrates Sociaux (CDS) - ses deux composantes majeures - et des héritiers de formations diverses comme le Parti radical-socialiste. L’UDF représentait, au début des années 1970, la seconde force politique de droite, et voit son leader, VGE , gagner l’élection présidentielle de 1974. Mais après la défaite du même VGE à l’élection présidentielle de 1981, l’UDF se divise entre « libéraux » et « conservateurs ». Cette division fait alors de l’UDF une formation aux visages multiples. En 1998, François Bayrou devient Président de l’UDF et l’unifie sous la bannière de « la Nouvelle UDF ». Après les élections de 2002, une grande partie des cadres de l’UDF se rallient à l’UMP. C’est aussi en 2002 que l’UDF enregistre une chute importante de son électorat aux élections législatives : il obtient 4,9% lorsqu’en 1997 il obtenait 14,3% et en 1993 19,1%. Il n’y a qu’aux élections européennes que l’UDF est remonté de 2,7 points, passant de 9,3% à 12%.

Au moment de la création de l’UMP, en 2002, le Président de l’UDF, François Bayrou, a souhaité que sa formation politique conserve toute son indépendance. Préconisant des « relations partenariales » avec l’UMP, il a refusé de participer au gouvernement dirigé par Dominique de Villepin, au lendemain du référendum sur la Constitution européenne du 5 mai 2005.

Lors de l’élection présidentielle de 2007, le parti sous l’impulsion de François Bayrou amorce un repositionnement idéologique du centre-droit vers le centre tout en gardant son esprit profondément pro-européen, favorable à « une économie sociale de marché » et à la décentralisation. Un certain nombre de membres du parti refusent alors ce virage et s’en vont au lendemain de l’élection présidentielle fonder le Nouveau Centre (NC) alors que François Bayrou et ses partisans fondent le Modem sur les bases de l’UDF.

Le Modem compte entre 50000 et 60000 adhérents, 3 députés, 14 sénateurs, 1 président de conseil général, 55 conseillers généraux, environ 20 maires de grandes villes, et 6 députés européens.

Union pour un Mouvement Populaire (UMP)

Depuis 1978, la droite est constituée de deux courants : le RPR, héritier du gaullisme, et l’UDF, parti de centre droit non gaulliste. Si ces deux formations ont été alliées et concurrentes, les évolutions idéologiques et politiques ont atténué leurs différences au point que l’idée d’un rapprochement émerge. C’est en 2002 que l’UMP est créé, pour soutenir la candidature de Jacques Chirac aux présidentielles. L’UMP se transforme, le 17 novembre 2002, en parti politique. Elle est dirigée depuis fin 2004 par Nicolas Sarkozy. Désormais dénommée Union pour un mouvement populaire, elle réunit le RPR, Démocratie libérale, le Parti radical et le Centre national des indépendants paysans (CNI, jusqu’en 2008), ainsi qu’une partie des dirigeants de l’UDF. L’UMP rassemble donc la quasi-totalité de la droite modérée. Bénéficiant d’une majorité absolue au Parlement, elle dirige le gouvernement depuis 2002. Ses résultats électoraux indiquent une hausse de son électorat, et l’UMP compte environ 222 270 adhérents dont près de la moitié ont adhéré au cours de l’année 2005-2006.

Aux niveaux des idées, l’UMP défend des opinions communes aux différents « mouvements » qui la composent. Attachée à l’indépendance de la France mais résolument européenne, elle a soutenu le projet constitutionnel en appelant à voter « oui » au référendum du 29 mai 2005.

Elle prône la liberté individuelle, au niveau économique notamment, avec la défense de l’esprit de la libre entreprise. Dans le domaine social, l’UMP est favorable à une régulation par le marché des équilibres économiques. Elle est partisane d’un Etat fort, capable de faire respecter la loi, la sécurité et l’ordre. Reprenant le chantier de la décentralisation lancé en 1982, elle a mis en œuvre, début 2003, une réforme visant à renforcer le pouvoir des régions.

Mouvement Pour la France (MPF)

En 1994, Philippe de Villiers, député de Vendée, fonde le MPF, parti de droite souverainiste et catholique. Profondément eurosceptique,  le MPF critique l’Europe de Maastricht et accuse l’Union européenne de confisquer la souveraineté de la France. Il se prononce également contre la mondialisation. Famille et lutte contre l’insécurité et l’immigration clandestine sont aussi au cœur de son programme. Le parti  Depuis la rupture de son président avec le RPF de Charles Pasqua, en 2000, le MPF a obtenu 3% des suffrages lors des élections législatives de 2002 et 7,3% aux élections européennes de 2004.

Le MPF compte 14 000 adhérents, 2 députés, 2 sénateurs, un président de conseil général, 4 conseillers régionaux, 22 conseillers généraux, 1 maire de grande ville, 1 député européen.

Front National (FN)

Les origines de l’extrême droite en France remontent à la Révolution Française(1789-1794) : des théoriciens contre-révolutionnaires dénoncent alors les lois laïques et les idéaux révolutionnaires. Ces idées sont développées dans les années 30 et pendant la Seconde Guerre mondiale. L’extrême droite se manifeste dans les années 1960. Dans son sillage est créé le FN, par J-M Le Pen, en 1972. Le FN est marginal jusqu’aux élections européennes de 1984, où il obtient 11% des suffrages. Par la suite, les scores ne seront jamais inférieurs à 9%. En 2002, JM Le Pen se qualifie pour le deuxième tour de la présidentielle. Devancé par J.Chirac, il recueille néanmoins 17,8% des suffrages. Malgré ses rivalités internes, le FN a su résister à sa scission et à la naissance, en janvier 1999, du Mouvement national républicain (MNR), dirigé par Bruno Mégret. S’il n’a plus de députés à l’Assemblée Nationale, il conserve cinq sièges au parlement européen. Le FN s’est engagé contre le projet de constitution européenne ; près de 90% de ses électeurs ont voté « non ». Le FN connut une période de progression au début de la décennie si l’on regarde les résultats électoraux des présidentielles de 2002 et des européennes de 2004 avant d’amorcer une période de recul de ses résultats électoraux, 10.5% des voix à la présidentielle de 2007, scores décevants aux élections législatives de la même année ainsi qu’aux élections municipales de 2008 et européennes de 2009.

Le FN se présente comme l’émanation de la Nation et dénonce une société qui souffrirait d’un profond désordre dû à la décadence des mœurs. Il dénonce les partis et les hommes politiques en place, accusés d’être « corrompus ». Ainsi souhaite-t-il instaurer un « nouvel ordre », fondé sur un pouvoir autoritaire permettant de défendre la grandeur du pays. Son idéologie nationaliste s’appuie sur les inquiétudes des Français et, de façon plus ou moins explicite, sur les tendances racistes ou antisémites d’une partie de la population française, ainsi que sur certaines attitudes de rejet du système politique. L’un des thèmes essentiels est celui de la lutte contre l’immigration, qui représenterait, selon elle, une menace pour la France et les nations occidentales. L’extrême droite privilégie ainsi le droit du sang (transmission de la nationalité réduite aux enfants nés de parents du même pays) au droit du sol (on reçoit la nationalité par la naissance sur le territoire national et non par ses origines), en vigueur en France.


Copyright © 2009 - CIDEM

Mentions légales - Contact