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Le clivage gauche/droite entre 1900 et 1940

Le clivage politique droite/gauche, du début du siècle aux années 40

Depuis la Révolution Française, la France s’est divisée sur le clivage droite/gauche. Cette division s’est enracinée au cours du XIXème siècle dans les esprits et même la géographie du pays (cf carte politique de la France au XIXème).

Au tout début du siècle, les radicaux arrivent au pouvoir et prônent une politique d’apaisement suite à une période de crise. Le Parti radical et radical-socialiste fondé en 1901 est le pivot de la vie politique. Le programme des radicaux est pratiquement réalisé dès 1905 et ceux-ci deviennent une force de gouvernement. Ils s’orientent dans leur évolution vers le centre droit. C’est aussi à cette période que la gauche socialiste commence à prendre en charge les revendications sociales. Le Parti socialiste unifié, Section Française de l’Internationale (SFIO) est créé en 1905. Entre 1905 et 1914, Jean Jaurès domine la SFIO et son quotidien, L’’Humanité, est le journal du parti. Vers le centre, la question religieuse marque très durablement la ligne de partage droite/gauche. La droite nationaliste reste elle cantonnée à l’agitation des ligues*, comme celle de Maurras, l’Action française. Le parti radical dominera la IIIème République jusqu’en 1940. A la veille de la Première Guerre mondiale, l’Union Nationale est un moment rare d’unité nationale regroupant tous les partis dans un élan national pour faire bloc face à l’ennemi allemand.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, l’Union sacrée n’est plus d’actualité mais les institutions républicaines n’ont pas été altérées, et les républicains envisagent l’avenir avec confiance. Après 1920, la gauche française est éclatée en trois tendances en raison de divergences de choix entre Révolution et Réforme. Cette division conduit à une certaine impuissance politique. La droite républicaine, elle, se retrouve dans le conservatisme modéré de Poincaré. La crise du 6 Février 1934 (synonyme de contestation du régime parlementaire) marque la descente de la droite ligueuse dans la rue. Le réflexe de la Défense républicaine réapparaît alors face à la « menace fasciste » et le Front populaire s’efforce de trouver un compromis entre la nécessité de rassurer les radicaux et celle de réformes sociales demandées par le peuple. Mais il ne résistera pas au poids croissant des idéologies. Par dessus tout, la gauche croit à cette époque aux idéologies, ce qui explique ses divisions profondes. A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, on est en présence de trois courants majeurs : le radicalisme en déclin, le socialisme aux multiples courants, et enfin le communisme. La France aborde la guerre divisée et affaiblie.

La République disparaît le 10 juillet 1940, et le régime de Vichy, emmené par Pétain et Laval évolue de la collaboration unilatérale avec les Allemands à l’assujettissement total. Apparaît le Général de Gaulle, réfugié à Londres, qui fédère la résistance intérieure derrière son nom. C’est aussi lui qui jouera un rôle considérable dans l’élaboration de la constitution de notre Vème République et deviendra une figure incontournable de la vie politique de l’après-guerre, jusqu’aux années 70.

Lexique :

  • Ligue : Mouvement, groupuscule politique d’extrême droite nationaliste constitué au XIXème siècle à l’écart des partis politiques.
  • Anti-partiste : Qui rejette et s’oppose au système des partis politiques et à la division national qu’ils provoquent (selon la doctrine anti-partiste).
  • Reclassement politique : Repositionnement, à gauche ou à droite, de l’opinion publique, ce qui entraîne une réactivation de la fracture gauche/droite.
  • Exécutif : Pouvoir de décision détenu par le chef de l’Etat qui met en œuvre la loi et conduit la politique nationale.

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