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A partir de 1945

Le 25 août 1944, Paris est libéré des Allemands et c’est le Général de Gaulle, président du gouvernement provisoire, qui le lendemain descend triomphalement les Champs-Elysées.

En 1945, trois partis dominent la vie politique : le PCF (Parti Communiste Français), sorti grandi de la guerre, la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), et le MRP (Mouvement Républicain Populaire), créé en 1944 par les résistants chrétiens, et proche de De Gaulle. La droite modérée, accusée d’avoir soutenu Vichy ; s’effondre, et le parti radical-socialiste est discrédité. En janvier 1946, De Gaulle s’écarte du jeu politique, n’arrivant pas à faire valoir ses vues en ce qui concerne une IVème République. Mise en place difficilement, elle est installée par le tripartisme (SFIO , PCF et MRP) en 1946 et ne durera que douze ans. Le tripartisme s’effondre en 1947, et une nouvelle majorité gouverne la France jusqu’en 1952: la Troisième Force, composée de socialistes, MRP, radicaux et modérés, coalition érigée en réaction à la création du parti anti-partiste* puissant de De Gaulle, le RPF (Rassemblement du Peuple Français). Mais malgré ses succès électoraux, la Troisième Force se disloque, et la droite revient au pouvoir avec Antoine Pinay, homme du centre droit qui précipite la décomposition du RPF, aspiré dans la nouvelle majorité, ce qui provoque le départ de De Gaulle et sa « traversée du désert ». Mais les problèmes coloniaux de l’époque divisent la majorité et le régime est de plus en plus impopulaire. Pierre Mendès France tente une expérience de « sauvetage » de la République, en juin 1954, qui se soldera par un échec car isolé au Parlement, il finit par être renversé en février 1955. Un autre radical Edgard Faure, succède à Mendès France mais se heurte aux poujadistes et aux mendésistes. Exclu du parti radical pour dissolution de l’Assemblée, il perd son titre de Président du Conseil et Guy Mollet lui succède. Celui-ci dirigera le plus long gouvernement de la IVème République mais la situation économique, politique et coloniale de la France à cette époque précipitent la chute de Mollet. Lui succède un vingtième gouvernement, qui sur fond de crise algérienne se disloque également, signifiant bien une chose : la IVème République est morte.

L’effondrement de la IVème République permet le retour en politique du Général De Gaulle. En 1958, il est rappelé, faisant ainsi triompher ses vues politiques, et constitutionnelles, avec l’élaboration de la constitution de la Vème République qui renforce nettement l’exécutif*. De Gaulle pratique une politique de « grandeur », au niveau économique et international. Mais dès 1965, le gaullisme recule face au succès croissant de la SFIO, puis du PCF et des radicaux. Le fossé se creuse entre le Président et les Français, et la crise de Mai 68 met fin à la République gaullienne. Mais en 1969, les Français élisent un gaulliste, Georges Pompidou, héritier du Général. La vie politique se bipolarise au début des années 70. En 1969, la SFIO devient le Parti Socialiste, et la gauche a de plus en plus de succès. Georges Pompidou décède en 1974, après avoir enraciné les institutions de la Vème République.

La présidentielle de 1974 accélère le reclassement politique* de l’électorat et voit l’accession au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing, candidat du centre. Jacques Chirac accède aux fonctions de 1er Ministre, mais démissionne en 1976 et crée le RPR (Rassemblement pour la République). Pour répondre à la création du RPR, Valéry Giscard d’Estaing crée l’UDF (Union pour la Démocratie Française) en 1978, formation centriste et libérale. Jusqu’en 1981, une sorte de guerre froide oppose les deux partis de la majorité parlementaires, et la gauche a de plus en plus de succès tandis que l’opinion publique se détache d’un gouvernement qui essaye de se rapprocher des Français mais qui est considéré avec ironie.

Les élections de 1981, d’une exceptionnelle intensité, amènent la gauche au pouvoir sous le personnage de François Mitterrand, socialiste, et marquent la réalisation du premier programme commun entre le PS et le PCF. Mais « l’état de grâce » ne dure que quelques mois pour la gauche qui s’engage dans des réformes mal accueillies. Commence alors en 1986 la première cohabitation, entre Jacques Chirac, chef du gouvernement, et François Mitterrand, président de la République, qui durera deux ans. L’autre nouveauté est celle de la montée de l’extrême droite, emmenée par Jean-Marie Le Pen. Michel Rocard succède à Jacques Chirac au poste de Premier Ministre, mais doit démissionner en 1991, suite au « déficit social » (F. Mitterrand) de son gouvernement. E. Cresson lui succède mais reste en fonction moins d’une année et laisse son poste à P. Bérégovoy, qui se donne la mort le 1er Mai 1993. Une seconde cohabitation s’ouvre en 1993, et le mandat de F. Mitterrand prend fin en 1995.

Jacques Chirac remporte les élections présidentielles de 1995 sur le thème de la « fracture sociale », mais la dissolution de l’Assemblée Nationale et les législatives anticipées de 1997 amènent J. Chirac à vivre une autre cohabitation ; cette fois-ci en tant que Président, avec Lionel Jospin du PS comme Premier Ministre. C’est la victoire de la « Gauche plurielle », associant les Verts aux trois partis du programme commun.

Les élections présidentielles de 2002 semblent marquer l’aboutissement d’une évolution de quinze années, durant lesquelles l’opinion s’est fragmentée et a commencé à ne plus accorder son crédit aux institutions. Durant ces quinze années aussi, l’extrême droite de J-M Le Pen est montée en puissance, s’imposant déjà comme une force politique importante aux élections de 1988, puis comme le premier parti politique dans les classes les plus populaires en culminant à 18% au premier tour des élections de 2002.

5 ans plus tard, lors de l’élection présidentielle, on a pu observer un regain d’intérêt pour le scrutin avec un des taux d’abstention les plus faibles de la Vème république pour cette élection avec, notamment, un mobilisation en hausse des plus jeunes qui se sont inscrits massivement sur les listes électorales à cette occasion. Le candidats de l’UMP, Nicolas Sarkozy est élu au second tour avec 53% des suffrages exprimés face à la candidate socialiste Ségolène Royal. Cette élection fut aussi marquée par le recul du Front National, Jean-Marie Le Pen n’ayant recueilli sur son nom que 10.5% des suffrages ainsi que par l’émergence de François Bayrou avec 18.5% des suffrages au premier tour. Les élections législatives qui suivirent furent marquées par un recul de la participation et la confirmation du vote de l’élection présidentielle avec une majorité de députés UMP à l’assemblée nationale.


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